Vendredi 9 novembre 2007
5
09
/11
/2007
13:45
Je livre à votre réflexion l'excellent texte que Jean CEVAER vient de me faire parvenir et qui touche à notre identité
de Pornichétins: au coeur des valeurs que nous voulons imposer dans cette campagne, l'identité de notre commune figure au tout premier plan..
Identité et territoire à Pornichet
De tous temps l'identité a été associée au territoire mais dans la période récente c'est association Identité Bretonne qui a mis en
avant ce concept repris depuis par d'autres, au moment où il faut le noter se déroule un débat sur l'identité nationale.
Pour s'en tenir à Pornichet, son identité municipale est récente puisqu'elle remonte à 1900, mais son existence géographique est bien antérieure,
puisque le nom est attesté depuis au moins le XVI è siècle.
Ce qui fait litière de la ridicule étymologie, « port niché » il est plus que probable que la crique qui tenait lieu de port
fut baptisée du nom de son principal utilisateur, Porzh Nizhan.
De même que nos routes rappellent des propriétaires de fermes, Babin, Bertho, Blais, Mahaut, le « ker » d'origine, qui existe encore dans
d'autres lieux de la Presqu'île, ayant été « traduit » en français par « villès » qui est spécifique à notre espace ex-nazairien.
La toponymie de Pornichet, que l'on ne peut dissocier de celle de Saint-Nazaire est d'ailleurs l'une des dimensions de notre identité puisqu'elle
conserve des éléments du celtique continental, du gallo-romain et du celtique insulaire décliné en cambrien, moyen breton et breton moderne ce qui est unique en Bretagne.
Géographiquement, notre territoire appartient au Massif Armoricain et ses côtes ne sont pas différentes pour la géomorphologie des autres côtes
bretonnes.
Historiquement, la présence des Armoricains, Celtes et non-Celtes est attestée depuis plus de 2000 ans, de même que la présence romaine sur
l'estuaire de la Loire, durant au moins trois siècles. Par la suite l'arrivée des Bretons venant de l'Ile de Bretagne au IV è siècle et jusqu'au VII è siècle est également prouvée, ne serait-ce
que par la toponymie.
En septembre 851, au Traité d'Angers entre Erispoë et Charles le Chauve notre territoire faisait bien entendu partie de l'espace breton qui, il faut
le rappeler, gardera ses limites géographiques et administratives pendant près de 11 siècles, jusqu'au décret du 30 juin 1941 du régime collaborationniste de Vichy.
Pour ce qui est de la culture populaire, la Loire-Atlantique ne se distingue pas des autres départements bretons avec leur mélange de culture
maritime et terrienne et c'est le cas à Pornichet, avec la dimension supplémentaire de la culture paludière qui a marqué notre territoire pendant des siècles.
Mais il est évident que, à la fin du XIX è siècle la proximité des activités industrielles de Saint-Nazaire et l'arrivée des « villégiateurs»
allaient modifier la « culture » d'une petite communauté, par ailleurs écartelée entre Saint-Nazaire et Escoublac.
S'agissant de l'économie, comme le tourisme, culturel, sportif ou thérapeutique représente un axe important de notre développement il est évident que
la mise en avant de notre identité bretonne est un atout quand l'alternative est l'effacement au sein d'une région dont le nom rappelle un espace culturel bien identifié et qui n'est pas le
notre.
Dans un monde globalisé, il ne fait pas de doute que l'identité devient un atout majeur dans la compétition
mondiale face à l'uniformisation qui menace toutes les cultures.
Comme la biodiversité, la diversité culturelle n'est pas un luxe, mais une nécessité vitale.
Les Bretons ne sont pas les seuls à l'avoir compris, mais en oeuvrant pour le renouveau de leur culture et son ouverture au monde, ils furent
parmi les premiers à montrer la voie.
Jean Cévaër . (Novembre 2007)
Derniers Commentaires